Dystopie : Quelque chose ne va pas

Dystopie : Quelque chose ne va pas
Dystopie : Quelque chose ne va pas

Nous vivons dans une dystopie

Quand Winston Smith commence son journal le 4 avril 1984, qu’est ce qui le pousse à coucher sur écrit ses impressions ?

Pas une vérité absolue, encore moins une épiphanie, ni une révélation mais un simple malaise, un scrupule, le sentiment que quelque chose ne va pas.

Ça ne vous dit rien ?

N’avez-vous jamais senti un hiatus entre votre quotidien, de plus en plus complexe et cela quelque soit votre situation, et le miroir que vous renvoie les médias.

Quand le 10 du mois correspond à la fin du mois et que de brillants éditorialistes vous chantent que tout va très bien madame la marquise.

Quand vous constatez que votre frigo est vide et votre réservoir creux et que votre télé crache ses publicités où tout est pour le mieux, ne sentez-vous pas une étrange colère ?

Comme Winston Smith nous vivons dans une dystopie. Elle n’a pas l’aspect inquiétant du monde de 1984, mais elle est tout aussi prégnante, et surtout elle est réelle. Ce n’est pas une œuvre de fiction, c’est notre quotidien.

L’idéologie dominante, le capitalisme est désormais si ancré dans nos vies que nous n’en percevons plus réellement les limites et les faillites. Mais instinctivement nous les ressentons et nous faisons tous, individuellement les constats suivants :

  • La catastrophe écologique est là. 
  • La société française est inégalitaire. 
  • Les médias sont, pour la plupart, aux ordres.
  • Nos services publics sont moribonds. 
  • Des pénuries importantes arrivent. 
  • La paupérisation des classes moyennes s’accélère
  • La Gauche se perd dans une multitude de combat d’arrière-garde.
  • Il y a 300 000 sdf en France, chiffre honteux. 
  • 4,1 millions de mal logés en France, chiffre honteux
  • Il y a plus de 5 millions de chômeurs en France, chiffre honteux.
  • Nos campagnes meurent. 
  • Nos villes sont mal pensées. 
  • Notre école meurt. 
  • Le vivre-ensemble est compromis par trop de tensions, souvent entretenues à dessein.
  • L’extrême droite et la droite ont confisqué les symboles qui devraient tous nous unir. 
  • Le RN est un parti d’extrême droite fasciste qui ment à ses électeurs. 
  • Tout croyant est respectable. Toutes croyances est critiquable. 
  • Seuls des fous confieraient leur destin à un seul. 
  • Le pouvoir est au peuple, il n’en délègue que l’usage aux élus. 
  • Un politicien corrompu mérite un sort exemplaire. Pas de passe-droit.

Ainsi accumulées, comme un sinistre inventaire de Prévert, ces petits « quelques choses qui ne vont pas » prennent une ampleur bien plus vaste que ce que nous ressentons dans note quotidien : notre meilleur des mondes s’effondre.

Si vous pensez que tout va nécessairement s’améliorer, je crains que vous n’ayez pas été assez attentif. Rien ne changera si vous attendez que quelqu’un s’en charge.

Vous seul pouvez être l’instrument du changement. Vous n’êtes pas seul. Ecrivez, militez, agissez. 

Mais vite.

Ce monde est destiné à bruler, reste à savoir si vous serez l’étincelle qui déclenchera l’incendie ou son témoin horrifié.

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Monsieur Potichat

Professeur d'histoire et d'éducation socioculturel. Co- auteur de "Face à l'incendie". Animateur du Parloir (chaîne twitch). Un parcours picaresque, en dehors des chemins battus, traversé d'épreuves et d'expériences uniques. Résultat : un profil atypique et complet, capable de s'adapter à tout les défis et dont les compétences transversales sont particulièrement uniques.

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