Parce que je « vœux » que ça change enfin…

dure-mére

31 DÉCEMBRE 2010 PAR DO-ZONE (Ervé alias CroisePattes)

On change les dates et on recommence

Lionel Belarbi

Loin de moi l’idée de vous saper le moral en ce jour qui se doit être festif pour le plus grand nombre. C’est un peu aussi la faute de ma belette qui a glissé dans le terrier un bon vœux vieux souvenir : « Dure-Mère » de François BERANGER, un album qu’un idiot d’éducateur (pléonasme) a cru bon m’offrir en 1989, année où déjà je n’étais pas très sérieux car année de mes 17 balais.

J’ai tout de suite voulu connaître la définition de Dure-Mère, petit curieux que j’étais et que je suis toujours et à l’écoute de la chanson, je me souviens avoir été parcouru d’un glacial frisson. Le piano en introduction et en écho à la voix de François BERANGER sur cette chanson à laquelle l’album doit son titre m’a bouleversé. C’est sans doute à ce moment là que j’ai pris conscience que mes petites misères n’étaient rien face au cauchemar que des milliards de personnes, déjà à l’époque, vivaient : Ne rien avoir à bouffer et ne pas avoir accès à, tout simplement, de l’eau potable.

Des milliards de personnes, de par le monde, n’ont qu’un seul objectif dans la vie : survivre. Voir un autre demain se lever relève pour beaucoup du défi. Peut-être pouvoir manger ce soir, pour beaucoup, dépends d’un certains FMI de nos jours, à l’aube d’une nouvelle décennie décevante qui s’annonce.

Nous sommes capables de prouver qu’il y a bien de l’eau sur Mars, nous sommes capables de franchir mille fois le mur du son mais infoutus de dépasser le mur de la connerie.

Loin de moi l’idée de vous saper le moral mais quand même… Il serait temps de s’indigner vraiment.


Pour 2011 Indignons-nous !

DURE MERE

Je vois une bouche qui s’ouvre
Comme un trou noir
Et qui n’a pas la force d’exhaler un cri.
Je crois voir un vieillard
Au visage ridé.
On me dit c’est un enfant, je n’en crois rien.
Bras et jambes squelettiques,
Ventre gonflé,
Qu’y a-t-il vraiment dans cette outre affamée ?
Des yeux immenses de pure souffrance,
Accusation au –delà de tout pardon.
Demain quatre milliards de crève- la- faim
Auront-ils seulement la force de rêver ?
De rêver qu’ils mangent un riche bien gras.
Un riche bien gras, bien rose,
Jusqu’à en crever.
Lui casser le crâne, percer la dure-mère,
Boire jusqu’à la lie la bonne matière grise.
Intelligence d’où n’est pas sorti
Le désir, la simple idée de partager. Terre, terre, terre, ma terre,
Ma dure mère,
Qu’avons-nous fait de toi ?
Qu’avons-nous fait de nous ?
Qu’avons-nous fait ? Sur nos belles routes, les paysans
Arrosent de pétrole leurs excédents.
Par millions de tonnes la bouffe invendue
Dort à jamais dans nos entrepôts géants. Terre, terre, terre, ma terre
Ma dure mère,
Qu’avons-nous fait de toi ?
Qu’avons-nous fait de nous ?
Qu’avons-nous fait ?


Au passage :

une pensée particulière pour celles et ceux, volontaires, bénévoles, militants, travailleurs sociaux, citoyens consternés et concernés, Amigottes et Amigos, camarades de luttes… qui au quotidien aspirent à façonner ce monde en le rendant plus juste pour faire en sorte de vivre dans un monde riche de tout son monde.

« J’avance dans la vie à petit pas sans vraiment savoir où je vais mais je sais que sous mes pas la terre tourne plus vite que moi. C’est ça qui me donne le vertige : la main d’elle, de lui ou de toi. C’est nous et surtout ce n’est pas l’idée d’avancer à reculons mais de regarder devant soi. »

Ervé

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Ervé Croisepattes

Ervé Croisepattes

Ervé (sans le H, ça fait longtemps que je l'ai fumé), 47 ans, 24 ans de vie en marge, SDF, j'ai été travailleur social, animateur socio_culturel, artisan de ma propre vie (musique, écriture, dessin...) J'ai "grandi" à la DDASS (actuelle ASE)de l'âge de 6 mois à 17 ans, marginal respectueux de ses contemporains (sauf les cons bien sur). Je vis de petits boulots un peu partout en France. Utilise twitter pour déconner, informer, dénoncer, et trouver justement des petits boulots. Refuse toutes aides sociales par fierté. Fatigué par cette vie mais têtu pour lui faire la nique. Je ne rêve plus depuis longtemps mais reste contemplatif du monde qui m'entoure même si parfois il est à vomir.

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