Dry January et Alcoolisme : un détour par l’enfer

Dry January

Au moment où le Président Macron vient de stopper la tenue d’un « Dry January » en France et à l’occasion de la sortie de mon autobiographie témoignage sur 25 ans d’alcoolisme « Un détour par l’enfer », je profite de cette occasion pour livrer quelques pensées sur l’alcool et sur la place qu’il tient dans notre société.

Le concept « janvier sec » consiste à passer tout un mois sans alcool, plus particulièrement les 31 jours du premier mois de l’année. Suivi dans de nombreux pays, dénommé La Tournée Minérale en Belgique, le Dry January a pour objectifs de purifier son corps après les excès des fêtes, d’améliorer son sommeil, de regagner de l’énergie et surtout de faire un point sur sa consommation d’alcool.

Le Président Macron et son Jacouille Didier Guillaume, soi-disant ministre de l’agriculture (qui ne sait pas ce qu’est un lobby), ont favorisé les alcooliers aux dépends de la santé publique du peuple français. 

Dry January macron

Rappelons à ces hommes politiques quelques statistiques : l’alcool est responsable de 41.000 morts par an et d’après le rapport d’Hervé Chabalier, 1 français sur 10 est malade de l’alcool. Il y aurait donc en France 6,7 millions malades de l’alcool. Plutôt que de traiter ce sujet de santé publique, notre Président arpente les congrès, toujours accompagné d’un verre de vin, pour séduire les lobbys alcooliers.

Dry January

Dry January macron

Les partisans du Dry January ne sont pas des ayatollahs. Il n’est pas question de prohibition, d’interdiction ou d’amende pour qui consommerait de l’alcool en janvier ! L’objectif est simplement de faire une pause, faire le point avant de poursuivre le reste de l’année dans la modération.

Alcoolisme

Le Dry January s’adresse à tous sauf aux alcooliques en guérison puisque la seule guérison de l’alcoolisme, c’est l’abstinence totale. Pour guérir, ce n’est pas un Dry January mais un Dry for Eternity. Nous, alcooliques en guérison, sommes comme des personnes allergiques. Il suffirait d’une simple gorgée ou que nous trempions nos lèvres dans un liquide alcoolisé pour que l’envie de boire ressurgisse et que nous rechutions. Je compare l’alcoolique abstinent à quelqu’un qui serait allergique à l’arachide. Un simple contact et c’est l’œdème de Quincke. Pour nous, c’est exactement la même chose à la différence près que ça ne se voit pas. Être dans l’abstinence totale, c’est vivre comme un allergique à l’alcool.

Alcoolique

La société française a un problème avec l’alcool. Si quelqu’un ne boit pas, c’est que quelque chose ne tourne pas rond. Et généralement, l’image du buveur d’eau est celle d’un ringard, d’un triste, d’un grincheux ou d’un con. Quelqu’un de cool boit forcément.  Lors d’une invitation, quand on ne peut pas boire, il faut faire appel à des prétextes. Je pioche alors dans ma liste : « Désolé, je prends des antibiotiques » ou « Je suis sous antihistaminiques ». Et pour les lourdauds qui insistent : « Je viens de faire un bilan sanguin qui n’est pas très bon, je me mets temporairement à la diète ». Difficile évidemment de répondre : « Je suis un alcoolo, je suis en abstinence ».

L’alcool a toujours fait partie de ma vie. Le premier mari de ma mère a été tué par un chauffard ivre, mon grand-père paternel est décédé d’une cirrhose, mes deux parents sont alcooliques et dépressifs. Et j’ai gâché 25 ans de ma vie. Je hais l’alcool. 

Récit de 25 ans en enfer dans mon autobiographie « Un détour par l’enfer » (auto-édition). Disponible en versions électroniques et papier sur Amazon et Kobo.

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Erwan Gramand

Erwan Gramand

Auteur, sorti de 25 ans d'alcoolisme (1994-2019) A paraître : mon autobiographie témoignage "Un détour par l'enfer" #alcoolisme #addiction #sevrage #alcool

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