Démêler les fils de l’extrémisme

L'extrémisme
L’extrémisme

L’extrémisme

Les derniers sondages concernant la prochaine présidentielle attestent d’une droitisation de l’électorat. Le parti rénové de Marine Le Pen après un passé frontiste souvent honteux voire inacceptable est débordé par une concurrence plus ou moins soudaine venant d’un ex journaliste. L’étiquetage de ce trublion, Éric Zemmour, imposé semblerait il par les recteurs de l’AFP en « candidat polémiste d’extrême droite » était censé clarifier les intentions.

De nouveau, la sphère médiatique au diapason avec les politiciens en poste déroula les sourates identitaires ayant marqué hélas ce camp du fascisme tout au long du 20ème siècle, en clamant à tout bout de champ le racisme, la xénophobie, l’homophobie du personnage. Un déferlement tel pendant les mois de novembre et de décembre 2021 que Marine Le Pen sans rien réclamer fut normalisée jusqu’à lui faire perdre son positionnement d’extrémiste.

Quand la droite dite républicaine parvint à régler ses problèmes de lignes politiques et que Valérie Pécresse apparut dans la crèche tel l’enfant élu pour mener sa famille à la victoire, il en résulta qu’un bon tiers de ce parti, dénommé les Ciottistes, avait démontré de très fortes adhérences aux discours des deux candidats d’extrême droite. Le camp des fascistes toutes contributions, c’est à dire déclarées, supposées ou attribuées, venait de franchir en réalité la barre des 40% jamais atteinte de l’électorat national.


La trêve des confiseurs passée, le combat de cette droite extrême inquiète sans que les institutions, les opposants et les faiseurs d’opinion ne semblent comprendre leur erreur. La stigmatisation appelée diabolisation des années Frontistes, aboutissant au barrage républicain dans les urnes est une stratégie héritée des années Mitterrandiennes dont on dit qu’il n’a pas été pour rien dans le parcours du père fondateur Jean-Marie Le Pen, n’a plus la même emprise. Pourtant médias et politiciens n’en finissent pas de la rejouer.

Cet amalgame des motivations de ces électeurs prêt à voter pour le pire, c’est à dire l’extrême droite, est certainement une grave faute faite par ceux qui se drapent dans la normalité de l’action publique et citoyenne. Comment leur refuser une fierté nationale ? Comment nier les difficultés de faire ensemble nation autrement que tous les quatre ans quand la France est championne du monde de football ? Comment ne pas comprendre que la démocratie n’est pas vécue avec justice et efficacité dans les territoires ruraux et les banlieues ? La liste de ces questions pourrait se poursuivre et ne s’apparenterait pas obligatoirement à des notions de races, de genres, ou de religions.


Pour faire revivre ce pays et ne plus croire à ce fourre-tout de l’extrême droite qu’une classe dominante agite pour justement garder un pouvoir sournoisement injuste et inégalitaire, il est temps de tirer les fils de tout ce mal être, de tous ces dysfonctionnements des administrations de l’Etat, de ce monde qui change et inquiète à tous points de vue. La crise des Gilets Jaunes avait soulevé le couvercle ce cet imbroglio social et de toutes ces souffrances accumulées. Il serait honnête d’y avoir vu que tous lesdits extrémismes s’y mêlaient, gauche comme droite, et qu’il s’agissait en premier lieu de reconstruire les modes de fonctionnement d’une démocratie à la Française en adéquation avec le monde ouvert et technologique de ce 21ème siècle.


Le poste, la fonction et la nature de l’élection du Président de la République en France est bien le principal problème dont il est nécessaire de démêler toutes les néfastes et finalement funestes imbrications dans la vie démocratique de notre nation. L’extrême droite n’y ait pour rien dans cette situation, elle ne représente que la conséquence de l’entêtement de nos constitutionnalistes envers cette 5ème République.

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