Contre la pollution automobile … SI ! Nous adoptions une nouvelle conduite.

Contre la pollution automobile
Contre la pollution automobile

Contre la pollution automobile

J’ai le souvenir d’une période où la « pression populaire » criait sa révolte contre la délinquance, le manque de respect de lois. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, eut la brillante idée de mener une grande campagne de sécurité… routière. L’idée fut très payante, non seulement par tous les PV encaissés, mais également par la culpabilité assenée à chacun : nous sommes tous des délinquants, responsables de l’insécurité sur la route.

Depuis l’astuce de retourner les accusations contre les « masses populaires » a fait son chemin. Le malheur de la Covid est dû aux inconscients, les déficits de la sécurité sociale sont le fruit de nos abus, le manque de fonds pour les retraites est une conséquence de notre manque de travail, et enfin la pollution est la somme de toutes nos incivilités.

De tout cela les théoriciens du « si » puisent des conclusions : « Si chacun y met du sien, si les gens étaient moins individualistes, si les gens pensaient aux autres… » etc. Grâce à eux, nous le savons avec plus de citoyenneté et de discipline tout serait parfait.

Je vais m’autoriser également une théorie du « si » sur un sujet important : la pollution due aux voitures.

On le sait, ce sont nos vieilles voitures (les voitures des pauvres), les diesels qui polluent le plus. L’espoir serait dans la voiture électrique, mais quelle horreur, la fabrique des batteries pollue terriblement. Actuellement, il semble que l’on soit dans l’impasse d’autant que les autres pistes (hydrogène, gaz, solaire …) ne sont pas encore exploitables.

Donc je vais oser vous proposer ma réponse en « si ».

Si on pilotait la production automobile sur le principe de « la misère partagée », c’est-à-dire que l’on construit le moins possible et on réutilise l’existant le plus possible.

Selon moi, la première cause de pollution par l’automobile, c’est son hyper production. Des dizaines de marques, des centaines de modèles… Donc des déchets considérables, des prix exorbitants.

J’entends, l’automobile est l’expression de notre liberté individuelle. On a bien vu les limites des pays communistes avec peu de modèles, et la même voiture pour tout le monde …. Et alors ?

Il ne vous arrive jamais de vous sentir manipulé par l’apparition du dernier gadget ? Regardez les publicités pour les voitures, elles traitent pratiquement toutes les consommateurs de demeurés. Nous sommes réduits à trouver notre personnalité dans la couleur de nos rétroviseurs.

C’est un hold-up de l’intelligence, d’une nécessité pratique, la voiture, s’est transformée en praticienne de l’humanité. Elle trie les milieux sociaux, elle affirme les caractères, donne la « confiance en soi » si souvent perdue…

Toutes ces marques nous trient, nous créent des légendes… la beauté italienne, la solidité allemande, le confort de Citroën… Etc. Sincèrement, vous pensez qu’en Allemagne, il est impossible de produire une mauvaise voiture ?

Allons au bout de cette première logique, ne construisons que ce qui est nécessaire, ce qui se résumerait sans doute à une dizaine de modèles différents. Imaginez un instant les économies de commercialisation, de pièces détachées…

Second aspect de ma théorie du « si », utilisons ce qui existe déjà. Nous pourrions alors avoir une réelle politique de reconditionnement du parc automobile. Certes, certaines voitures continueraient à polluer, mais moins que par la création d’un nouveau véhicule.

Comment faire ? Je propose de partir d’un constat simple : « Consommer, c’est détruire ». …donc pour moins détruire, consommons moins. Une voiture a quatre états possibles : en état de rouler, doit être reconditionnée, « pour pièces », et destruction / recyclage.

Quand un propriétaire veut changer de voiture, sa voiture correspond à un de ces états. Si le véhicule est en bon état et le changement est pour une raison du plaisir de changer de voiture, super malus pour l’achat du véhicule suivant. Si le véhicule est « re conditionnable », malus moyen. Si la voiture part pour faire des pièces, ou est détruite, on calcule un bonus.

Ce système permettrait de récompenser les comportements écologistes, et de sanctionner les indifférents.

Le reconditionnement des véhicules est créateur d’emplois.

Et renversement de situation, ce n’est plus la frime qui est récompensée.

Je sais que mon « si » est impossible, car il s’oppose trop à notre culture…pourtant des expériences similaires existent à Cuba, en Afrique, en Asie. Cette idée est en fait de nous dire à tous que nos modes de vie, et le Capitalisme polluent, et qui est honteux de s’en prendre au pauvre conducteur avec son vieux diesel.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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