Conservez votre citoyenneté : Ne vous mariez pas !

Conservez votre citoyenneté : Ne vous mariez pas !
Conservez votre citoyenneté : Ne vous mariez pas !

Conservez votre citoyenneté : Ne vous mariez pas !

La sagesse populaire veut que l’on soit stable, c’est-à-dire que l’on vive là où on est né, que l’on travaille au pays, que l’on reste fidèle à son employeur, que l’on se marie et enfin que l’on fasse des gosses. Cette logique est non seulement inscrite dans les traditions, mais elle est inscrite dans notre image du bonheur, de la réussite. Évidemment, le temps a érodé ce rêve si partagé, mais il n’est pas encore annoncé, avant cet article, que votre devoir de citoyen est finalement de jeter ces principes et mémère aux orties.

Le mariage est un tue-l’amour.

L’idée même de se marier ou de se pacser émane d’un manque d’amour de soi-même, de l’autre et de la vie. Sans contractualiser la relation, chaque jour partagé, chaque don aussi anodin soit-il (dormir ensemble, faire l’amour, sourire…) est un cadeau, un présent ; il indique que l’autre compte, que l’on s’accorde une propre valeur, et que l’on construit sa vie. Le contrat introduit l’obligation, les dépendances, et la sous-citoyenneté, car on devient le conjoint ou la conjointe, la moitié.

Le mariage a été institutionnalisé par les religions et les Etats afin de construire une communauté. Quand vous vous mariez, non seulement vous vous soumettez à des rites, mais entrez dans « une famille ». Votre relation n’est plus une affaire privée, mais une affaire sociale. Les lois et les démarches administratives l’attestent.

Le rêve de mariage n’est pas un rêve d’amour, mais un rêve de statut, de sécurité, voire d’acquisition. Pour comparer, si vous rêvez d’un CDI, c’est pour obtenir une sécurité et pouvoir établir vos projets. En fait le CDI est une petite contrainte pour l’employeur, et une image d’Epinal de notre société (ça fait sérieux), mais le CDI n’assure pas l’épanouissement personnel. Le mariage ne donne également que cette sécurité illusoire, et exprime le renoncement à l’aventure, au changement de soi et de l’autre, à son indépendance.

Le citoyen moderne est un citoyen libre.

Le citoyen moderne s’autorise à penser par lui-même, il s’autorise son autonomie, il s’autorise à vivre là où il le souhaite. Il est incompatible de revendiquer sa liberté et de contractualiser sa couche.

Comprenez bien que ce modèle archaïque a permis le modèle patriarcal, et également le modèle économique « paternaliste » qui a développé nos entreprises ; le mariage est le socle du système pétainiste, des religions conservatrices …

Hommes et femmes, si vous pensez aimer, osez la prise de risque de faire de chaque jour une nouvelle journée, pas une routine. Restez amants, pas époux.

Et les enfants ?

J’entends : « il faut bien se marier, pour les enfants ». Les enfants ont besoin d’être respectés, aimés, accompagnés, et libérés. Ils ne revendiquent pas des adultes malheureux, désabusés, obligés, contraints à les éduquer.

Votre joie de vivre est le moteur de votre force parentale. Votre responsabilité c’est d’enseigner le bonheur, et le bonheur n’est pas une condition matérielle, il est une capacité à vivre avec ce qui existe et avec les autres.

De toute façon, les résistants convaincus des apports du mariage divorcent, sombrent et désespèrent les enfants par millions… Car arrive un moment où la pulsion de vie l’emporte et les papiers, la conjointe ou le conjoint, la belle-famille, les conventions deviennent assassins.

Pourquoi le non-mariage est un acte citoyen ?

D’abord pour rester UN, unique, autonome. C’est l’affirmation de sa propre pensée, et de sa liberté de choix, de tous les choix. Cela contraint la société à vous considérer, et vous demander ce que vous souhaitez. Quand je dis société, je pense aux banques, aux administrations, aux écoles … Le Madame ou Monsieur sur le carnet de chèque, sur la fiche de renseignements sont des kidnappings d’identité.

Être citoyen, c’est être de quelque part, et de partout. Si j’ai la capacité d’être mobile, ce qui se passe ailleurs me concerne. Libre, je suis un élément de la planète, je suis responsable. Le non-mariage, c’est la revendication de l’existence.

Le non-mariage c’est l’insécurité, donc l’ouverture à la vie, l’ouverture aux autres. C’est s’assumer entièrement avec les contraintes et avec l’audace, et les bonheurs.

Le non-mariage est un acte politique qui dit non aux religions, et qui refuse que l’Etat gère la vie personnelle …

Aimez-vous …

A tort et à travers comme le disait Julos Beaucarne !

 Brassens. La non-demande en mariage

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

1 réponse

  1. Le plus beau mariage est celui du coeur (Mariage de coeur)

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