Clin d’œil à Georges Brassens… La révolution, ne peut être que poétique

Georges Brassens
Georges Brassens

Georges Brassens

Georges Brassens aurait eu 100 ans, et partout dans la presse, on commémore cet anniversaire, c’est sympa. On parle du poète, du chanteur, du musicien … Peu de l’écrivain, dommage…

Je vais me contenter, de me promener sur une de ses phrases…

« La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soi-même… en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors ; crois-moi, c’est le seul chemin. »

Je la lis, je la relis…Elle m’emporte.

Avons-nous perdu ?

Cette phrase nous fait renoncer au grand chamboulement. Au grand soir, à la lutte finale, l’éruption de la fin…

Finie cette utopie… Ben, oui. Dans les quatre coins du monde, elle n’a que redistribué le pouvoir.

L’avant-garde si nécessaire à Lénine est devenue réactionnaire et totalitaire, la révolution culturelle du Grand Timonier n’a que bourré des crânes et tué ceux qui refusaient de se vider pour faire de la place, et la Salsa est plus libératrice que Fidel…

Oui, dommage pour les derniers idéologues, c’est perdu… Car toutes ces personnes ont placé la révolution dans le même champ que les adversaires : la politique, la conquête du pouvoir.

Vous savez cette croyance stupide et assassine que le fusil nous rend convaincants et puissants. Ça, ce n’est qu’un jeu pour le non-candidat sombre.

Les armes, les meurtres, l’internement ne gênèrent que de l’oppression, des ordres, du primaire… Mais en aucun cas une révolution, aucun retour à notre humanité, aucun changement…juste un continuum nauséabond.

La révolution ne peut pas être synonyme d’oppression, son chemin n’est pas politique…

Alors, ils ont gagné ? …

Ils ont gagné l’argent, le confort, les voyages en fusée…et si cela correspond à vos rêves, alors vous avez perdu. Ils dominent, ils méprisent et n’ont rien à dire … en fait, on s’en fout. Ce dont on ne se moque pas, ce sont les crimes qu’ils perpétuent pour leurs avoirs.

Les hommes s’entretuent, abandonnent leurs frères dans les mers profondes, laissent mourir de faim d’autres hommes et recréent l’esclavage. La planète tousse, vomit et annonce son éruption de la fin…

Leur victoire s’exprime par nos divisions. Ils nous font penser comme ça les arrangent. Tous les jours, les pubs me rendent malade, elles m’insultent, elles me considèrent en con…sommateur. Idiot, esclave de leur conditionnement ; tous les jours, on me déforme, on me fait penser « Français », on me fait m’intéresser à la dernière phrase d’un politicien, au dernier jeu vidéo …

Oui, ils gagnent nos cerveaux tous les jours…

Comment rêver d’un changement avec nos pensées vendues, achetées, commercialisées ?

« On nous inflige

Des désirs qui nous affligent

On nous prend faut pas déconner dès qu’’on est né pour des cons

alors qu’on est des foules sentimentales avec soif d’idéal … »

Foules sentimentales Alain Souchon

La parole du poète…

« La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soi-même »

C’est mignon, mais pas crédible, comment une personne plus belle changerait le monde ?

D’abord, le poète n’est pas qu’un rêveur, il est aussi un « détraqueur » des choses établies, un râleur, un « proposeur » d’autre chose.

« Un poète ça sent des pieds

On lave pas la poésie

Ça se défenestre et ça crie

Aux gens perdus des mots fériés »

Le chien, Léo ferré

Brassens, en mélodie et en poésie nous parlait de choses essentielles. Son autre parole continue son chemin, elle se croise avec d’autres paroles, pas toujours douces qui remuent nos cœurs, nos êtres.

L’idée est aussi simple que cela, entretenir non pas la haine, mais la beauté d’être sur Terre.

La poésie, la chanson, la création parlent à travers le temps, à nous tous. Elles font parfois, souvent dérailler les discours qui vont bon train. Étrangement, le discours politicien s’efface, et le saltimbanque marque nos mémoires, berce nos vies.

« Quand on n’a que l’amour

Pour parler aux canons

Et rien qu’une chanson

Pour convaincre un tambour

Quand on n’a que l’amour

Pour tracer un chemin

À chaque carrefour

Alors, sans avoir rien

Que la force d’aimer

Nous aurons dans nos mains

Ma mie, le monde entier »

Jacques Brel « Quand on a que l’amour »

Georges a raison, il n’y a qu’un seul chemin la sincérité, soyez les artistes de vos vies….

Georges Brassens
Total Page Visits: 426 - Today Page Visits: 1

David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *