Attika Trabelsi ou Dieu merci ! Je suis athée

Attika Trabelsi Femmeuses édition
Attika Trabelsi Femmeuses édition

Je suis athée

Réflexions suite à la lecture de « à quoi ressemblerait l’islam si toutes ces femmes musulmanes n’avaient pas été oubliées ? » de Attika Trabelsi Femmeuses édition.

Un autre monde…

Je suis entré en lecture de ce livre un peu par hasard, le jeu des rencontres. L’autrice se définit comme féministe et musulmane. Cela aiguise ma curiosité d’athée. Je me demande comment on peut associer une libération, un refus d’aliénation et une religion. Je pense à toutes les religions, qui s’autorisent toutes à régenter les vies… À théoriser le bien et le mal… À dire la sexualité, le couple.

De mon côté, je vis sans dieu, et cela me va très bien… Et surtout, je vis sans religion, et c’est génial. Je parle en connaissance de cause, j’ai bien exploré la religion catho…Et bien, non merci, continuez sans moi.

Donc Attika se propose d’explorer la compatibilité des deux, religion et féminisme. « Je suis une femme, je suis française, je suis maghrébine, je suis musulmane et tous ces éléments constituent mon identité. Lors de l’année 2019, ma spiritualité a été totalement ébranlée ! Aux débats politiques et sociaux déraisonnés auxquels j’étais en tant que femme musulmane exposée, venaient s’ajouter la frustration de n’être ni écoutée, ni représentée, ni respectée par un bon nombre d’hommes et de femmes de ma propre communauté de foi. »

L’autrice décide d’explorer les « femmes musulmanes inspirantes », dans son livre, elle fait 15 portraits…

Mais ces portraits sont inscrits dans l’histoire musulmane, dans des siècles passés. Les récits croisent des batailles, des trahisons, des meurtres. Attika ne présente pas que des guerrières, elle ajoutent des artistes et des scientifiques. Toutes ces périodes sont troubles, sans sens pour moi. C’est un peu comme si on me racontait 15 vies semblables à celle de Jeanne d’Arc pour me convaincre que le catholicisme n’est pas macho.

Jeanne d’Arc ne m’apporte  rien, j’ai sans doute tort puisque certains se battent pour s’approprier le symbole. Mais mon identité ne se fabrique pas de ces vieilles histoires, je crois que j’alimente mon esprit avec l’histoire récente, disons la révolution, les Lumières.

Ainsi, même si ma lecture est attentive, je n’ai pas su puiser d’énergie de ces récits. En parallèle, je comprenais intellectuellement la démarche de l’autrice.

Démentir l’idéologie patriarcale.

C’est le but de cet ouvrage. Montrer que les femmes ont construit l’islam, et qu’elle ont été oubliées, effacées afin d’asseoir le pouvoir de certains « imans ou autres auto proclamés savants à travers le monde ».

« Il semble alors essentiel de revenir aux sources du message pour partir à la rencontre des femmes qui ont durablement et définitivement contribué à l’édification du savoir dans la civilisation islamique. Des femmes dont des réalités historiques sont encore largement ignorées »

Je comprends le sens de ce combat, et je me dis que c’est un réel plaisir de n’avoir pas ce genre de bataille à mener. Toutes les histoires religieuses ne sont que des légendes des interprétations. Je me souviens d’avoir suivi « une étude matérialiste de la bible », c’est-à-dire une étude qui déchiffre les symboles et paraboles. Les miracles disparaissent, et le message « divin » ou surnaturel s’estompe.

L’autrice a sans doute raison, le discours religieux est surement ankylosée par des scories machistes, et interprétatives. N’est-il pas  plus simple de n’y attacher aucune importance et de construire son présent avec ses propres pensées.

Désolé…

Je ne peux comprendre qu’intellectuellement cette quête, mais mon athéisme profond se renforce. Je pense qu’il y a suffisamment de batailles à mener pour être femme, homme, être libre sans essayer de convaincre les oppresseurs de l’esprit…

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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