Après les balles réelles, les balles politiques

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Les balles politiques : Dérapage matinal

Ce matin, j’ai écouté l’interview de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI. Ce monsieur décerne aux autres politiciens les critiques acerbes, évidemment tous les « autres « qui ne sont pas de son camp sont moins bons ou même mauvais. C’est le jeu politique, celui qui parle est le seul digne de confiance. Soudain, le politicien dérape, en parlant du non-candidat sombre, il déclare que celui-ci mérite « une balle dans la tête ».

Il s’aperçoit qu’il a glissé, alors il invente la « balle politique » et tente l’humour en parodiant Pasqua.

Trop tard, son air policé est terni …. Je me moque de la bataille et la place de ce monsieur, ce qui m’intéresse, c’est ce symptôme du chaos…

Un goût de chaos…

Hier, je titrais mon article « le con, il est mort pour de vrai », et je parlais des balles réelles… Et elles sont, en effet, bien réelles en Guadeloupe. Un manifestant disait, « c’est la guerre. »

Quand je rencontre le groupe de personnes âgées, elles me parlent de la guerre, il semble qu’elles y trouvent quelque chose d’essentiel.

L’actualité est tâchée de sang, de meurtres…

Ici même, dans ce journal « franc-tireur », on parle de guerre et de douleur.

Est-ce que tout ça a un sens ?

Je viens de terminer la lecture de « Du sens de la mort au sens de la vie » (l’Harmattan). Et j’y ai trouvé des débuts de compréhension.

Vaincre la mort.

Le livre est composé de quatre interventions, toutes riches, mais je ne vais  m’arrêter que sur celle de Ghislain Waterlot « Mort à la mort ».

L’auteur construit une réflexion sur une éternité sans vieillissement et sans accident…Et tente de comprendre la place de la mort dans la vie :

« La nécessité de la mort introduit bien davantage qu’une sorte d’invitation au courage et à l’effort. Elle introduit l’intensité de ce qui nous arrive… La mort qui compte nos années, nos mois, nos semaines, nos jours et nos heures, la mort qui hante le temps, suspend implicitement au-dessus de chacun de nos actes un « c’est maintenant ou jamais ». Cette hantise nous donne envie d’agir, éventuellement de prendre des risques. Cela se perçoit jusque dans notre vie quotidienne… »

Dans ce débat, l’auteur nous fait croiser l’ennui,, le désir, la relation, la réalisation de soi, la limitation.

Pour résumer, sans la conscience et la hantise de la mort, nous ne pourrions pas vivre.

Et pour revenir à ce goût de chaos que je citais, ce chaos n’est-il pas l’expression sociale de cette conscience et hantise de la mort ?

Te faire peur et me faire peur…

Les menaces sont évidemment un rappel à l’adversaire « tu es mortel », car je suis humain, car tu es humain, nous avons, tous les deux, peur de mourir. Nous avons conscience que la fin est possible… C’est l’arme suprême, te tuer, te survivre. Ma victoire c’est cela en fait, vivre plus longtemps que toi, t’effacer.

Quand on joue avec sa propre vie, le jeu est très similaire. Je me survis à moi-même. Je tue une période, et dans l’épreuve, la douleur, j’existe de nouveau.

Il s’agit donc d’être un « SURVIVANT », au-dessus du vivant commun, d’avoir « niqué « la mort, d’être au-dessus du destin banal.

Nous entretenons nos légendes, nos exploits qui augmentent notre intensité, le sens de notre vie.

Il me semble que c’est le message  du groupe de personnes âgées, mais aussi de tous ces guerriers du quotidien.

Vivement la guerre, que l’on nous foute la paix !

C’était une blague de mon père, mais quelle philosophie ! Faites péter vos conneries, réglez vos comptes, que l’on passe enfin à autre chose.

La paix, qui n’est pas « l’intervalle entre deux guerres », mais une création constante. Une débauche d’imagination, de sensibilité.

Pourrions-nous déjà modifier notre langage, cesser les batailles, les balles politiques, les victoires ? Peut-être qu’en changeant les mots, nous penserions plus à construire, rencontrer.

Nous sommes mortels, et c’est une grande chance… Car pour être mortel, il faut vivre.

« Tout le monde parle de paix mais personne n’éduque à la paix. On éduque pour la compétition et la compétition marque le début de toutes les guerres. Quanq on éduquera pour la coopération et pour nous offrir les uns les autres de la solidarité, ce jour-là alors on éduquera à la paix »

Maria Montessori

Ghislain Waterlot
Ghislain Waterlot
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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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