5 symptômes rares de l’autisme

5 symptômes rares de l'autisme
5 symptômes rares de l’autisme

L’autisme

Si vous avez déjà lu mes anciens articles, vous saurez que j’aime bien parler de choses très rares, en particulier sur l’autisme qui est un trouble neurologique très méconnu, souvent confondu avec les fantasmes des séries télévisées sur l’autisme, le syndrome d’asperger et bien sûr le fameux « syndrome du savant » où l’on a de petits génies qui n’aiment pas le bruit. Spoiler : ça n’a souvent rien a voir, et certains symptômes de l’autisme sont tellement rares qu’ils peuvent emmener dans une importante errance diagnostique voir pousser à la surmédication et à l’inquiétude quant à la provenance de ces symptômes étranges. On ne parlera que des personnes autistes n’ayant aucun autre trouble, neurologique ou non, car d’autres troubles et maladies plus souvent présentes dans la population autiste peuvent créer des symptômes étranges ou inexpliqués, tels que le syndrome d’Elher Danlos (SED), le trouble du déficit de l’attention, l’épilepsie…

L’analgésie

Si bien souvent les personnes autistes sont hypersensibles à la douleur, d’autres personnes autistes, en particulier les personnes vivant avec le syndrome d’asperger, peuvent ne pas ressentir la douleur. Bon, pas à ce point là, on dira plutôt que le seuil de douleur se trouve être supérieur à la moyenne, sans forcément ne plus du tout sentir le signal douloureux. En gros, certaines personnes autistes tolèrent mieux la douleur que la moyenne.
Un super pouvoir ? Non, car même si c’est clairement plus supportable que l’hyperalgésie, c’est à dire un seuil de douleur beaucoup plus bas (je ne souhaite a personne la sensation que, en rentrant de la plage, chaque grain de sable s’est transformé en petits morceaux de verre bouillants) cela amène pleins de problèmes : il est alors nécessaire de recourir a des pommeaux de douches et des robinets spéciaux qui indiquent la température pour ne pas se brûler ou être victime d’angelures, et le rasage est totalement contre indiqué sous peine de cicatrices. Les caries et le brossage des dents doivent être surveillés, parfois par le dentiste lui même, et le test au froid utilisé pour débusquer les caries est parfois inutile.

Si cette analgésie est présente pendant l’enfance, il faut apprendre à l’enfant de faire attention de ne pas se mordre la langue et de ne pas se triturer la peau, et lui couper les ongles. Dans certains cas extrêmes, certaines personnes autistes peuvent se casser une jambe sans s’en rendre compte mais ce cas extrême est extrêmement rare.
Ce symptôme fait partie du continuum de l’hyposensibilité, aussi appelée hyposensorialité, qui est globalement l’inverse de l’hyposensibilité : une plus grande tolérance aux bruits et à la lumière, une réduction de la sensation de froid, une absence de sensation de fatigue, de faim, une absence d’odorat ou de goût (non, rien à voir avec la Covid-19 !), l’ensemble de ces déficits sensoriels chez une même personne autiste est plutôt rare ce qui amène à des complications diagnostics. La plupart des personnes hyposensibles expriment avoir une meilleure qualité de vie et vivre plus facilement que les personnes autistes hypersensibles, mais expriment également devoir prendre pas mal de précautions au quotidien, notamment dans le cas de l’hydratation, de la nourriture périmée, de la température ou encore de la douleur.

La somnolence diurne

L’autisme amène généralement à une insomnie, a des nuits de mauvaise qualité, et les personnes autistes ont tendance a résister assez facilement à une privation de sommeil courte même si celle-ci s’ensuit généralement d’un rattrapage de sommeil extrême.
Cependant, chez certaines personnes autistes, une somnolence diurne constante est retrouvée, menant a devoir faire des siestes toutes les deux heures comme le cas de la narcolepsie ou de l’hypersomnie idiopathique. Plus généralement, cela peut ressembler à la somnolence constante dûe aux antihistaminiques (courage aux allergiques du pollen en ce beau mois de mai).
Ce n’est pas une simple fatigue, la fatigue chronique étant très souvent présente chez les personnes autistes hypersensibles, il s’agit bien là d’une envie de dormir permanente, d’un besoin de sommeil élevé (10 ou 12 heures par jour, parfois jusqu’à 16h), injustifié par ailleurs, sans pour autant qu’on apporte un autre diagnostic et que d’autres anomalies du cerveau ne soient constatées. Bien qu’il existe des traitements pour contrer cette somnolence comme le modafinil, les médecins sont souvent réticents à prescrire des stimulants en l’absence de diagnostic d’une véritable narcolepsie.

Les vomissements

Certaines personnes autistes peuvent ressentir des nausées ou des vomissements sans raison apparente, ou avec des odeurs qui semblent habituellement agréables voir qui n’existent pas (odeur de l’eau, par exemple), mais aussi en voyant des objets ou de la nourriture même appréciée.
Cela peut paraître étrange, mais il ne faut pas oublier que la nausée et le réflexe des vomissements sont contrôlés par le système nerveux central (et non par l’estomac, comme on le pense souvent) et, au même titre que le bruit ou la vue, on peut y être hypersensible même sans être hypersensible aux odeurs par exemple.
De même, cela peut être lié a de la synesthésie, c’est à dire l’association de deux sens : en sentant l’odeur de la musique, par exemple. Si la synesthésie n’a rien de pathologique et est plutôt bénéfique d’ordinaire, lorsqu’elle est associée à une hypersensibilité aux vomissements, elle peut devenir un véritable cauchemar.

Les colères éclairs

Alors là c’est un sujet sensible pour beaucoup de personnes autistes qui en souffrent et ce symptôme est souvent sujet au déni voir a l’anosognosie (une personne souffrant d’anosognosie ne se rend pas compte d’être malade ou handicapée et a l’impression d’aller bien) et ça va être beaucoup moins drôle à lire malheureusement.
L’irritabilité est fréquente chez les personnes autistes, certaines études parleraient d’une prévalence de ce symptôme de 60%, d’ailleurs nous en acons déjà parlé ici même il y a deux ans maintenant.
Cependant, dans une sous-population de personnes autistes, souffrant souvent également du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, des colères éclairs peuvent apparaître sans raison apparente. Ce symptôme est également plus fréquent pendant l’enfance et peut alors disparaître avec le temps.


Ces colères peuvent s’exprimer par un sentiment extrême de rage qui survient sans raison apparente ou de manière disproportionnée (une mauvaise blague, une odeur désagréable, un sentiment d’incapacité, un ordinateur qui plante…) et la personne peut alors exprimer une colère extrême allant jusqu’à se taper la tête contre le mur, proférer des insultes et avoir des propos incohérents, voire de la paranoïa envers son entourage immédiat.
Une fois la colère passée, la personne dit souvent avoir perdu le contrôle, ne pas avoir pu se contrôler, voir regretter ses gestes.
Il est a noter
que si c’est un symptôme de l’autisme, de telles colères sont largement favorisées par un coup de chaud et une déshydratation dont souffrira plus souvent une personne autiste (comme on l’a déjà dit ici, la chaleur rend agressif), mais aussi par la prise de médicaments tels que la sertraline ou l’aripiprazole connus pour provoquer ces accès, par l’alcool, par l’insomnie ou l’impression d’étouffement causée par une surcharge sensorielle.
Contrôler ces facteurs peut diminuer drastiquement voir éliminer ce symptôme chez les adultes sans causer d’isolement social.

L’autisme écrit

On croit souvent que la plupart des personnes autistes ne parlent pas, ce qui est faux : la plupart des personnes autistes parlent bien, voire mieux que la moyenne, mais elles ne sont pas diagnostiquées à cause de cette idée reçue.
La plupart des personnes autistes ne sachant pas parler ne peuvent pas ou peu communiquer et n’obtiennent qu’une communication rudimentaire.
Cependant, il existe un troisième type de communication dans l’autisme, extrêmement rare et plutôt controversé : l’autisme écrit.
La personne obtient le langage très tardivement et n’aime pas parler, ne parle quasiment pas mais ne présente ni trouble dys, ni retard mental, de lésions des cordes vocales ni lésions cérébrales. Dans ce cas là, elle communique souvent a l’écrit, par le biais d’un ordinateur, de papier ou de langage corporel, et communique très bien sous ce format (aussi bien que n’importe qui, voire mieux)
Cependant, la personne a souvent la capacité de parler en réalité, mais parler demande des efforts bien plus importants que d’écrire ou de s’exprimer avec des gestes, et la parole est souvent peu forte ou lente, obligeant à répéter de nombreuses fois. Le passage au langage non verbal n’est alors pas tant une question d’incapacité totale que d’économie d’énergie.


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Cassandra Lens

Autiste asperger en lutte contre les soins sans consentement, libertarien et pro-choix, et souhaitant, non pas fournir un simple avis comme généralement c'est le cas sur les réseaux sociaux, mais des analyses plus rationnelles et nuancées.

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