5 symptômes méconnus de l’autisme (et comment s’y adapter)

5 symptômes méconnus de l’autisme
5 symptômes méconnus de l’autisme

J’ai déjà parlé d’autisme plusieurs fois sur ce Journal a l’actualité hautement corrosive, mais j’aimerais traiter ici quelques symptômes méconnus voir quasiment inconnus de l’autisme et qui, pourtant, peuvent être très handicapants.
Je ne vais pas parler de mon propre ressenti ici mais plutôt de symptômes réels et parfois connus dans certains pays !

Les insomnies


5 symptômes méconnus de l’autisme

Les insomnies, pouvant aller de légères a sévères, sont l’un des symptômes de l’autisme.
En cause, un déficit du système d’endormissement causé directement par un déficit en mélatonine, l’hormone du sommeil, déficit qui se corrige partiellement lors de la puberté.
Très souvent, ce déficit peut être corrigé en prenant des compléments alimentaires a la mélatonine, cependant pour certains (dont moi) ça ne réussit pas et il faut faire attention aux effets secondaires que cela peut causer ou aux symptômes classiques de l’autisme, comme l’anxiété, que cela peut aggraver.

Pour ma part, vu que ce traitement m’est maintenant contre-indiqué, je fait de la luminothérapie (au démarrage pour traiter ce qui ressemble a un trouble affectif saisonnier) mais là encore, cela peut aggraver le symptôme méconnu qui suis (superbe transition !).

L’irritabilité

5 symptômes méconnus de l’autisme

L’irritabilité, c’est quand rien que le fait qu’on te parle en rigolant t’énerve et te donne envie de dire ses quatre vérités a la personne en face. C’est également quand t’a envie de repousser ton animal de compagnie qui vient juste te faire un câlin.
C’est quand t’a constamment envie de t’énerver dès qu’on t’adresse la parole sans raison valable et que tu trouve 100 000 reproches a faire a tout le monde.
Et c’est un symptôme très courant de l’autisme : jusqu’à 60% des personnes autistes en souffrent, pour certains de manière très occasionnelles, pour d’autres, quotidiennement, et ça peut être difficile a vivre avant tout pour soi-même car on passe plus de temps a imaginer engueuler la personne qu’on a devant soi qu’à parler avec elle. Pour ma part, ça m’arrive entre 3 et 5 jours par mois, et, dans la moitié des cas, cela disparaît environ deux heures après mon réveil. Le pire, c’est que si vous tapez « irritability autism » dans la barre de recherche, énormément de résultats apparaissent, car c’est plutôt connu dans le monde anglophone.


Le traitement de ce symptôme se base sur les neuroleptiques, c’est très efficace mais il y a énormément d’effets secondaires donc c’est généralement évité, récemment un autre traitement a été essayé et c’est la N-Acétyl-cystéine, un médicament contre la toux.
Pour ma part, c’est efficace et j’en prends quand ça devient trop envahissant. J’ai également quelques facteurs aggravant : réveil trop rapide ou sommeil trop long et décalé, luminothérapie trop longue ou encore essoufflement et flux audio trop important.
L’autre inconvénient est que, sur le coup et quand on a pas la connaissance ou l’habitude de l’irritabilité, on ne s’en rende pas compte (moi même ça m’arrive encore de ne pas me rendre compte !) c’est pourquoi il est important de connaître ce symptôme et a quoi il ressemble !

Les synesthésies

5 symptômes méconnus de l’autisme

La synesthésie est le mélange de deux sens, l’exemple le plus fréquent est le mélange Lettre et couleurs (voir une lettre ou un chiffre et une couleur) et un lien avec les TSA serait possible. Pour ma part, j’en ai deux principales : l’association des chiffres et du temps avec l’espace, ce qui est pratique pour le calcul mentale et la notion du temps (Quand je fait un calcul mental, c’est comme si je « voyait » des barres, des traits, des étages ou des ronds qui représentent les chiffres, et j’ai l’impression que le temps est un chemin) et l’autre qui est l’association visuel et odorat (sentir une odeur de meringue quand je vois des images de neige, ou une odeur de chocolat quand je vois du pétrole). Cela peut notamment expliquer certaines de mes sensations énoncées ici.


Mais alors pourquoi j’en parle ? La première est plutôt pratique au quotidien, et la deuxième est généralement agréable… enfin sans compter l’hypersensibilité.
Vous avez déjà eu une gastro-entérite ? Si oui, vous avez déjà probablement retiré tout les aliments de votre vue car cela vous donnait des nausées. Et bien ça été le cas… pendant une bonne partie de mon enfance.
Par exemple, quand je voyais un mur ou un lampadaire, cela me faisait penser a un biscuit fourré ; hors a l’époque j’étais hypersensible au sens du dégoût du coup il m’arrivait d’avoir des haut-le-cœur, des nausées ou vomissements juste en regardant certains dessins animés.
Cependant, mon hypersensibilité au dégoût, tout comme la plupart de mes hypersensibilités, ont disparu (probablement grâce a l’élagage synaptique) et mon dernier haut-le-cœur lié a une image mentale remonte a mes 15 ans. Cependant, ma synesthésie elle, est toujours là et n’était nuisible qu’a cause de la concomitance de cette hypersensibilité, tout comme vous pendant une bonne vieille gastro-entérite (ah oui tant qu’on y est, certains virus de la gastro ne sont pas tués par le gel hydroalcoolique, notamment le norovirus présent chez les adultes, donc le savon doit être utilisé dès que possible cet hiver !)

Les mots répétitifs

5 symptômes méconnus de l’autisme

Il est courant que les personnes autistes se répètent mentalement un même mot au hasard, et de manière involontaire, sans raison apparente ; ce mot est, pour ma part, souvent un mot donc je connais pas ou mal la définition, ou un mot que j’ai récemment vu plusieurs fois.
Par exemple, une fois j’ai parlé avec un marxiste sur Twitter, 3 jours après j’avais « prolo, prolo, prolo… » qui me revenait en tête toutes les 5 secondes comme un boomerang alors même que je travaillait, et j’ai accidentellement crié « PROLO » a plein poumon dans la pièce, car parfois, le mot sort spontanément. On m’a demandé pourquoi je parlait tout seul…

Pour faire disparaître ce mot invasif, j’ai une astuce toute bête mais radicale : Rechercher la définition du mot sur Internet et la lire. Le mot disparaît et ne revient jamais, je suis alors tranquille pendant pas mal de temps jusqu’à qu’un éventuel autre mot le remplace plusieurs jours plus tard.

La prosopamnésie

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La prosopamnésie, a ne pas confondre avec prosopagnosie, est un symptôme neurologique dû a l’incapacité a mémoriser un visage ; il se distingue en cela de la prosopagnosie où le visage est mémorisé mais où l’on est incapable de le reconnaître. De plus, dans le cas de la prosopagnosie, on peut retenir facilement les noms des personnes contrairement a la prosopamnésie où il est compliqué voir impossible de retenir un nom de famille où un prénom. C’est lié a une partie du cerveau bien précise, l’aire fusiforme, qui est déficitaire.

Pour ma part, ma mémorisation des visages est inexistante, je sais reconnaître les gens quand je les ai vu une quinzaine de fois grâce a d’autres caractéristiques (cheveux, vêtements…).
Quand aux noms et prénoms, je peux les retenir mais je les oublie au bout de quelques mois et quand je m’en rappel, j’ai une « impression de jamais-vu », un peux comme quand on entends un mot qu’on a pas entendu depuis 20 ans.
Pour retenir les noms, une image mentale d’un objet en rapport avec le nom peut aider (Par exemple, quand vous devez retenir le nom « Dubois », imaginez-vous un stockage de bois) quand aux visages, il est possible de mémoriser certaines caractéristiques d’un visage en tête : yeux bleus, lèvres fines… Cela permet de décrire un visage voir le reconnaître même si on en a aucune image mentale. Evidemment, on peut reconnaître quelqu’un via ses habits lors d’une rencontre temporaire, et via les cheveux lorsqu’on reverra peut-être la personne.

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Asperger Defense

Asperger Defense

Autiste asperger en lutte contre les soins sans consentement, libertarien et pro-choix, et souhaitant, non pas fournir un simple avis comme généralement c'est le cas sur les réseaux sociaux, mais des analyses plus rationnelles et nuancées.

1 réponse

  1. Avatar Nathan-Murat Mireille dit :

    Bel et utile exercice pédagogique, merci. Voilà qui m’aide rétrospectivement à imaginer ce que certains des jeunes patients, sans langage parlé, me semblaient ressentir. À la retraite depuis 7 ans et demi, j’ai écrit un chapitre inspiré de ma première relation avec un garçon hospitalisé pour autisme profond, dans les années 70. Le livre est paru chez L’Harmattan sous le titre “Couleurs de transfert”. Votre avis me sera précieux. En attendant une prochaine lecture de votre journal. Mireille

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